dessins

 
 
 Sans titre, Vallée du Jabron, crêtes, fils, poteau électrique, dessin au crayon blanc sur verre, 24x18x0,4cm, 2024
 
 
 
Je dessine les paysages que j’ai traversés à l’aide d’un crayon blanc sur du verre. Parents lointains des premiers clichés au collodion humide, ces dessins conservent l’impression des paysages parcourus. D’abord le crayon blanc se voit à peine, se devine seulement. Le dessin sur la plaque de verre ne se révèle qu'à la lumière : une insolation sans papier, juste l’ombre ténue du trait blanc qui, se projetant sur le mur à quelques centimètres, fait apparaître le paysage. Il suffit d'une lumière et tout change, le paysage s’anime, le mouvement réapparait. Les lignes bougent, le dessin se transforme, les anamorphoses s’étirent comme les reliefs dont jouent les dessins des grottes ornées, les ombres se meuvent sur le mur, puis s’évanouissent dès que la lumière s’éteint. Le paysage, comme les scènettes des lanternes magiques, n’existe que quand on l’éclaire et qu’on le regarde. 

Et puis il y a les pavés de verre : Je dessine les paysages dans lesquels je me suis enfoncée à l’aide d’un crayon blanc sur une succession de plaques de verre. Lointain neveu du stéréoscope, ces dessins recréent la sensation de la profondeur, tout semble soudain à portée de main, on croirait pouvoir faire un pas et entrer dans le paysage.
 
Et les dessins sur papier : 
Les petites choses, celles que je trouve par terre.
Les nuages, qui se trouvent en l'air.
Les végétaux que je trouve en marchant et aussi au marché.
Et ce qui relève plutôt du monde animal.
 
Et puis les vidéos, les céramiques, les mobiles,
les projets pour l'édition,
les projets collectifs.